Mon ballon thermodynamique en hiver, le rendement que j’ai mesuré

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Mon ballon thermodynamique en hiver avec mesure de rendement visible sur compteur digital

Mon ballon thermodynamique ronronnait dans ma buanderie, et j’ai posé la paume sur la porte froide, un matin de janvier, près de la rue Jeanne-d’Arc, à Rouen. Au départ, j’avais installé l’appareil dans un local tempéré, du moins je le pensais. Puis l’hiver m’a mis devant autre chose, et j’ai été convaincu qu’il fallait mesurer au lieu de deviner. J’ai noté les relevés, le bruit, l’humidité, et ce que j’ai vu m’a vite calmé.

Comment j’ai installé et testé mon ballon dans cette buanderie brute

Ma buanderie fait 8,6 m². J’y ai des murs en parpaing brut, une dalle béton, une petite fenêtre simple vitrage et aucune isolation derrière l’habillage. Quand j’ouvrais la porte un matin à 7 h 20, j’ai mesuré 11,8 °C avec la grande majorité d’humidité relative. Je me suis retrouvé dans une pièce qui tenait plus du garage non isolé que du local tempéré. Le sol gardait le froid, et mes mains le sentaient tout de suite sur la poignée.

J’ai installé un ballon thermodynamique de 270 litres, posé contre le mur extérieur, avec une prise d’air côté buanderie et une évacuation des condensats vers le siphon de sol. Le compresseur était près de la cloison légère, et le soufflage partait vers le centre de la pièce. En hiver, j’ai vu le ventilateur brasser un air qui se refroidissait vite, puis l’appoint électrique prendre le relais quand la pièce tombait trop bas. Mon ancien métier de plombier-chauffagiste m’a appris que l’emplacement compte presque autant que la machine elle-même.

Je suis parti sur 21 jours de relevés quotidiens. J’ai noté la température à la même heure, l’humidité, la consommation sur Linky et la quantité d’eau chaude tirée après la douche du soir. J’ai utilisé un thermomètre, un hygromètre et les index du compteur, sans bricoler les chiffres. Je voulais vérifier trois choses : la conso réelle, la vitesse de remise en température et la place prise par la résistance d’appoint. J’ai aussi gardé un œil sur les condensats, parce qu’une flaque au sol fausse vite le ressenti dans la pièce.

Les trois premières semaines sans isolation, ce que j’ai vu et mesuré

Les premiers jours, j’ai senti le froid dès que j’ai saisi les serviettes. Le métal du ballon était tiède sur la partie haute, mais la cloison derrière restait glaciale. Le compresseur lançait son ronron, puis le ventilateur soufflait un air nettement plus froid à la sortie de l’évaporateur. J’ai eu l’impression de faire entrer l’hiver dans la pièce à chaque cycle. Le linge mettait plus de temps à sécher, et l’odeur d’humidité restait en place le matin.

Sur mes relevés, j’ai tourné à 4,7 kWh par jour les jours chargés, avec une pointe à 5,3 kWh après deux bains et trois douches. La résistance d’appoint s’est déclenchée 11 fois sur 21, dans la grande majorité des cas après un gros puisage le soir. Après une série de trois douches, j’ai attendu 4 h 20 pour retrouver une eau stable à 53 °C. Je me suis retrouvé à regarder Linky plus d’une fois, parce que la courbe montait sans que mes usages aient changé. Le COP réel est resté à 2,2, et j’ai vu que la pièce froide le tirait vers le bas.

L’humidité me sautait au nez avant même que le hygromètre parle. J’ai noté la grande majorité un matin gris, avec des gouttes sur le bas du mur et une petite trace d’eau près du siphon, faute d’un raccord assez franc au départ. J’ai laissé traîner cette erreur 2 jours, et j’ai vu le sol rester humide plus longtemps. Le linge ne s’en sortait pas mieux, parce que l’air froid gardait la vapeur en place au lieu de la faire partir. Là, j’ai compris que le ballon ne chauffait pas seulement l’eau, il brassait aussi le climat de la pièce.

En hiver humide, j’ai ouvert la trappe et j’ai été frappé par un givre léger sur l’échangeur. Le dégivrage revenait plusieurs fois dans la journée, et chaque cycle rallongeait la chauffe sans rendre l’eau plus vite disponible. J’ai aussi senti, au niveau des mains et des pieds, une pièce plus sèche mais plus froide près de l’appareil. Pas terrible. Vraiment pas terrible. Le local perdait son confort pendant que la machine cherchait ses calories dans l’air.

Après avoir isolé les murs, ce que j’ai changé dans ma buanderie et comment ça a impacté le ballon

J’ai posé 80 mm de laine de roche sur les murs froids, avec un frein-vapeur côté intérieur et un habillage simple derrière. J’ai étalé le chantier sur 2 week-ends, parce que l’accès autour du ballon était étroit et que l’humidité du mur me forçait à laisser sécher entre deux passes. J’ai dû couper proprement autour des tuyaux, sans comprimer l’isolant, sinon j’aurais gardé des ponts froids. J’ai aussi repris le départ des condensats, pour qu’aucune goutte ne stagne sous la machine.

Après ces travaux, j’ai mesuré 16,3 °C en moyenne dans la buanderie sur 8 jours de relevés, avec une bonne moitie d’humidité relative. Les traces de condensation ont disparu au bout de 5 jours, et j’ai vu le mur rester sec au pied du ballon. L’air m’a paru plus sec, moins lourd, et mes mains ne collaient plus à la poignée quand j’entrais le matin. Ce détail m’a frappé plus que le reste, parce qu’il change le ressenti sans faire de bruit.

Côté conso, je suis passé de 4,7 kWh par jour à 2,1 kWh par jour sur la semaine la plus froide après isolation. La résistance d’appoint ne s’est déclenchée que 3 fois sur 14 jours, et la remise en température après une grosse soirée est revenue à 2 h 10. J’ai relevé un COP réel de 3,2, avec une eau de sortie à 54 °C sur les cycles normaux. J’avais été sûr de moi en pensant que l’appareil seul ferait le job, mais c’est la pièce qui a changé la donne.

Le bruit m’a moins gêné aussi. Le compresseur faisait toujours son ronron, mais il passait moins de temps à forcer, et le souffle froid ne me tombait plus dessus quand j’allais chercher une lessive. Le linge séchait plus vite, et la buanderie cessait de sentir le renfermé au bout de la journée. J’ai fini par lâcher l’affaire des petits coups d’œil inquiets au compteur, parce que la machine retombait enfin dans une plage stable.

Le jour où j’ai vraiment compris que l’isolation faisait la différence

J’ai comparé 14 jours de janvier avant isolation et 14 jours de février après isolation. Le compteur Linky m’a montré 67 kWh sur la première période, puis 29 kWh sur la seconde, avec les mêmes usages d’eau chaude à la maison. Un samedi, mes deux enfants adultes sont passés dîner, et j’ai tiré trois douches d’affilée sans voir la courbe s’emballer comme avant. Là, je suis rentré dans la pièce avec un autre regard, parce que la différence était visible sur l’écran et pas seulement dans ma tête.

Le matin, j’ai senti la buanderie moins agressive dès l’ouverture de la porte. Il n’y avait plus de condensation sur les murs, et le linge suspendu gardait une odeur plus neutre. J’avais encore le même ballon, le même volume, le même usage, mais je ne retrouvais plus ce souffle d’air froid qui me prenait les doigts. J’ai aussi noté que l’eau restait plus stable en fin de journée, sans cette sensation de réserve qui fond trop vite.

J’ai aussi commis une erreur bête au début des mesures après isolation. J’avais monté la consigne à 58 °C, parce que j’étais sûr de moi et que je voulais voir large. Résultat, le compresseur tournait plus longtemps, la résistance prenait la suite, et mes relevés des 6 premiers jours étaient faussés. J’ai redescendu la consigne à 52 °C, j’ai gardé la chauffe sur les heures creuses, et la courbe est redevenue propre. Sur ce point, j’ai compris qu’un réglage trop haut mange vite le gain que l’isolation vient de donner.

Ce que je retiens de cette expérience et pour qui ça peut marcher

Je sais, maintenant, que le ballon thermodynamique tient bien dans un local tempéré. Chez moi, le COP réel est monté à 3,2 après isolation. Dans la buanderie brute, j’ai vu l’inverse : 4,7 kWh par jour, des cycles de dégivrage répétés, une résistance d’appoint qui prend la main et un confort qui se dégrade vite. Quand je regarde mes relevés, je retiens un gain net de 2,6 kWh par jour entre les deux périodes, sans changer mes habitudes d’eau chaude.

Je garde quand même deux limites en tête. Si le local reste froid, la consommation grimpe et le bruit devient pénible, surtout quand le compresseur tourne trop longtemps. Si l’évacuation des condensats est mal faite, je retrouve vite de l’humidité au sol, et ça fausse tout le ressenti dans la pièce. Quand je vois une panne interne ou un givre qui revient sans raison claire, je laisse le diagnostic à l’installateur, parce que je ne touche pas au circuit frigorifique.

Chez moi, le système reste pertinent si la buanderie est isolée et si le volume du ballon colle aux besoins du foyer. Avec mes deux enfants adultes, j’ai vu qu’un ballon trop juste laisse de l’eau tiède en fin de journée. Quand le local reste froid, je ne force pas le trait : je regarde plutôt si je peux changer la prise d’air ou déplacer l’appareil.

  • déplacer le ballon vers une pièce plus chaude
  • modifier la prise d’air pour éviter l’air trop froid
  • revenir à un ballon électrique classique si le local reste glacial
  • passer au solaire thermique quand la configuration de la maison s’y prête
  • reprendre la programmation pour caler la chauffe sur les heures creuses

Au fond, mon verdict est simple, et je le relis chaque fois que je passe devant la buanderie, en pensant à la rue Jeanne-d’Arc et à mes relevés du matin : dans un local tempéré, le ballon thermodynamique m’a donné un résultat propre, avec un COP réel de 2 à 3 selon les phases, puis 3,2 après isolation. Dans un local froid, j’ai vu la performance tomber, la conso monter et l’appoint électrique prendre la main. Moi, je ne garde ce système que si la pièce suit le rythme.

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